Nantes. Expulsion des locaux de l'université, jugement demain
L'audience en référé du tribunal administratif de Nantes à la suite de l'action introduite par l'Université s'est tenue ce matin à 11 heures devant un public nombreux. L'action vise à demander l'expulsion de l'occupation par le collectif de soutien aux migrants des sites du château du Tertre, occupé depuis le 22 novembre, et des salles de cours de la Censive depuis le 26 novembre. La convocation concernait une vingtaine de personnes, nommément désignées, occupant ces lieux ainsi que l'UNEF (Union nationale des étudiants de France).
Après avoir entendu l'avocat représentant l'Université et celui représentant l'UNEF, le juge a donné rendez-vous demain aux parties pour faire part de sa décision. Les parties ont jusqu'à 17 h ce soir pour remettre les dernières pièces du dossier.
L'Université demande "l'expulsion de personnes occupant sans droit ni titre le domaine public de l'université". Thimoté Foucher, l'avocat de celle-ci a mis en avant "le dysfonctionnement du service public consécutif à l'occupation de ces locaux", les questions de sécurité et de salubrité dans le château du Tertre et le démarrage dans quelques jours de travaux. Il explique en outre qu'il n'est pas de la "mission de l'université d'assurer l'hébergement des mineurs" et que celle-ci a multiplié "les contacts avec les collectivités pour trouver des solutions".
Loïc Bourgeois, l'avocat défendant l'intérêt des occupants a souligné que "l'urgence de la nécessité de cette évacuation n'est pas caractérisée", qu'il n'y a pas d'urgence à statuer, d'autant plus que "la mise à la rue durant la trève hivernale porterait une atteinte à la dignité humaine" des personnes concernées. Celui-ci conteste par ailleurs le caractère urgent des travaux annoncés, et que dans cette condition l'urgence de l'évacuation n'est pas démontrée. Il estime que "ce dossier est vide en terme de solution de relogement". La représente de l'UNEF qui est intervenue note "le décalage entre le discours de l'université et la réalité" précise qu'une vingtaine de mineurs sont actuellement au château du Tertre et entre 30 et 40 dans les salles de cours de la Censive.
La salle d'audience était comble avec la présence également, à l'extérieur, de personnes soutenant l'occupation de l'université.